« Je me suis insultée par Macron », entretien de Sylvine Thomassin dans la matinale de RTL du 23 mai

safe_image

Sylvine Thomassin a été l’invitée de la matinale de RTL, le 23 mai dernier. La maire de Bondy et vice-présidente de l’Association des Maires de France (AMF) est revenue sur les annonces faites par le président de la République en matière de politique de ville, annonces qu’elles ne considèrent pas à la hauteur des attentes et des enjeux pour les habitants des quartiers

Elisabeth Martichoux : Bonjour Sylvine Thomassin, merci beaucoup d’être sur RTL ce matin. Vous êtes élue maire depuis six ans, permettez-moi de rappeler votre ville en quelques chiffres : 54 000 habitants, 19% de chômage et en réalité 40% dans les quartiers dits les plus défavorisés et pour les jeunes… bref une ville, Bondy, « en difficulté » qui pouvait être concernée par les mesures d’Emmanuel Macron. Vous étiez hier dans la salle de l’Elysée, vous avez écouté le président jusqu’au bout d’ailleurs ?

Sylvine Thomassin : Pratiquement jusqu’au bout

Comment cela ?

Je suis sortie dix minutes avant la fin lorsqu’il a prononcé pour la troisième fois, le mot « clientélisme », en parlant des élus locaux, je ne pouvais en supporter plus et j’ai donc quitté la salle à ce moment-là

Vous êtes partie avant la fin, parce que vous vous sentiez quoi ? Insultée…

Je me suis sentie insultée par le Président de la République

Pourquoi ?

J’ai échangée avec mes collègues qui ont eu le même vécu que moi, c’est juste insupportable ! Qu’il vienne vivre notre vie quelques jours, hein, on va faire le jeu « Vis ma vie » et on débriefera, on en parlera quelques jours après ! Tout d’abord, qu’est-ce qu’on dire par « clientélisme » ? On serait comme cela, nous les maires, à distribuer des logements et des emplois qu’on n’a pas d’ailleurs ! Il peut y en avoir mais c’est toujours l’arbre qui cache la forêt ! Mais soyons clairs ! Quand bien même on le voudrait – et les maires sont surtout des républicains, donc ce n’est pas ce qu’ils souhaitent – on n’a ni logement ni emploi à distribuer. On est surtout le premier recours et le dernier rempart face à nos concitoyens

Retrouvez la suite de cet entretien en cliquant ici