« Nous sommes face à une métropole marketing », entretien de Sylvine Thomassin dans Le Parisien

Capture d_écran 2018-04-09 à 16.43.12Le Parisien, édition de Seine-Saint-Denis, 9 avril 2018

A la veille du salon des maires d’Île-de-France, mise au point avec Sylvine Thomassin, maire (PS) de Bondy, sur les grands sujets qui préoccupent les élus de banlieue.

Lignes de transport du Grand Paris Express retardées, baisse des dotations publiques… Sylvine Thomassin, maire (PS) de Bondy, dénonce la position dans laquelle se retrouve les élus de banlieue et en appelle à profiter du Grand Paris pour réduire les inégalités entre territoires riches et pauvres.

Lors de votre dernier conseil municipal, vous avez parlé de « mépris des élus locaux de la part du gouvernement ». Fatigué, Stéphane Gatignon a récemment démissionné de son mandat de maire à Sevran. Dans quel état d’esprit êtes-vous ?

Sylvine Thomassin. Stéphane était élu depuis bien plus longtemps que moi, donc je comprends son degré d’usure. Moi, je reste enthousiaste, parce que c’est mon ADN. Mais je ne suis maire que depuis six ans, et je sens malgré tout l’usure à l’œuvre. Nous sommes pris en tenaille entre l’Etat qui ne cesse de nous assécher et nos concitoyens qui en veulent toujours plus. Je sens parfois des moments de découragement. Mais cette ville, Bondy, se transforme profondément. Le centre-ville a émergé de nulle part, nous n’en avions pas, une librairie a récemment ouvert ses portes… Je peux être usé par l’institution, mais pas par les habitants.

Le gouvernement demande aux collectivités locales d’économiser 13 Mds€ d’ici 2022. Quelles en sont les conséquences ?

J’ai le sentiment que, depuis l’installation d’Emmanuel Macron, c’est Bercy qui commande dans ce pays ! A cause de la baisse des dotations, des projets ont été repoussés dans le temps. Nous avions prévu une extension des deux écoles élémentaires Jules-Ferry et Jean-Rostand, elle ne se fera pas. Mon véritable crève-cœur, c’est d’avoir été obligée de supprimer les livres qu’on offrait aux enfants à Noël. Cela représentait 50 000 € de budget.

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